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Finance & innovation performance

Développer confiance et coopération interne pour mieux s'ouvrir à l'externe

La montée en puissance de l’économie collaborative

Un nouveau paradigme déferle et il semble transformer l’environnement économique dans son ensemble. Il s’agit de l’économie collaborative qui correspond aux activités humaines de pair à pair, visant à produire de la valeur en commun et reposant sur de nouvelles formes d’organisation, du travail et d’échanges. Elle s’appuie sur des organisations en réseaux plus horizontales que verticales, la mutualisation des outils et des savoirs et parfois sur l’intermédiation par des plateformes internet. Jeremy Rifkin avance même la thèse que l’économie collaborative couplée à la montée en puissance des nouvelles technologies entraînera la chute du capitalisme !

Une nécessaire empathie entre les fonctions

Les transformations, qui sont en cours, ont un impact sur toutes les entreprises, et particulièrement sur celles qui sont innovantes et performantes, tant d’un point de vue économique que sur leur process. Dès lors, interagir, comprendre les besoins de l’autre, définir ensemble les indicateurs, adopter un langage et des référentiels communs, piloter de manière transparente, décider des axes stratégiques en tenant compte des éléments extérieurs à son périmètre sont des révélateurs de ce changement de paradigme qui ambitionne de mutualiser et de coproduire. Que l’on soit DAF ou DRD, la bonne collaboration, jusqu’à se mettre dans la fonction de l’autre, tendance décrite par Olivier Stephan dans sa tribune, apporte bien plus à l’entreprise que de remplir parfaitement sa mission de manière isolée. Bien entendu, cela présuppose que les intérêts individuels soient complémentaires et non antagonistes mais également que la confiance s’instaure. Sinon, comme nous l’avons précédemment vu, une stratégie court-termiste orientée vers des résultats financiers immédiats risque de pousser le DAF dans la Direction opposée du DRD qui cherche à envisager le futur des produits dans un référentiel temps plus long. Pour reprendre la conclusion de la tribune de Nicolas Berland, il s’agit désormais, pour chaque partie prenante, de comprendre pour se forger une opinion.

L'innovation ouverte pour combler les lacunes de l’entreprise

Ce changement de paradigme va être accéléré par le phénomène de l’Open Innovation, qui demande une ouverture et une collaboration de chacune des fonctions dirigeantes (DRH, DSI, DAF, etc.) : par exemple, conduire des collaborations avec des start-up sur des expertises absentes de l’entreprise, comme précisé dans les tribunes de Laurence Sabot et Arnauld Leservot, exige :

Du DG la définition des axes stratégiques à ouvrir à l’externe ;

Du DAF d’intégrer les investissements et risques associés ;

Du DRH d’identifier correctement les expertises internes complémentaires ;

Du DSI d’intégrer cela dans les process de pilotage ;

Du DRD d’identifier les partenaires techniquement excellents et économiquement les plus attractifs.

Sans une communication étroite, des outils et un langage communs, un pilotage conjoint efficace et une bonne dose de confiance, la collaboration externe risque d’être au mieux peu efficace et au pire destructrice de valeur. Toutes les fonctions semblent désormais touchées. D’ailleurs, Roland Stasia, dans sa tribune, invite les contrôleurs de gestion à passer à l’Open controlling.

Vers un nouveau KPI : la confiance du binôme Finance - Innovation ?

Ces quelques lignes semblent tomber sous le sens et être parfaitement naturelles : cependant, interrogez-vous simplement pour savoir si dès demain vous êtes prêts à l’Open Innovation ? En cas de réponse négative, vous devez encore améliorer la coopération entre vos fonctions et le binôme Finance/R&D pourrait vous servir d’indicateur de réconciliation des référentiels de temps mais également du niveau de confiance de votre entreprise. Cette approche est corroborée par Hugues Poissonnier qui précise qu’avant de collaborer à l’externe il faut commencer par bien collaborer en interne pour définir les attentes de l’entreprise. De plus, il rappelle que la collaboration permettra de réduire les coûts cachés de la compétition (surveillance, personnalisation, coûts marketing, dépôt de brevets, droits d’auteurs ou frais juridiques…). Cet esprit collaboratif a une autre vertu : celle de décloisonner l’entreprise pour la rendre plus agile.

Rôle de la confiance dans les relations entre les organisations

Dans leur revue sur la confiance, Carole Donada et Gwenaëlle Nogatchewsky montrent le rôle central de la confiance dans les relations inter-entreprises. Il est souhaitable d’accorder de la confiance dans les échanges car elle apporte une plus grande performance économique et opérationnelle aux partenaires. Elle permet de se projeter ensemble dans le futur avec moins d’incertitude. Elle minimise la rigueur de relation contractuelle contraignante en facilitant une coopération ouverte et flexible plus adaptée à la réussite en contexte changeant. Cette étude précise également que « c’est sans doute dans la conduite des échanges, que la confiance peut le mieux se construire : le partage d’informations, la communication, la flexibilité et l’engagement sont autant d’éléments sur lesquels l’entreprise peut s’appuyer pour développer solidement la confiance de l’autre et donc favoriser une coopération fructueuse et durable avec lui ».

En conclusion, la coopération du binôme Finance/R&D contribue à créer les référentiels internes de la confiance. Cette confiance constitue un véritable actif de l’entreprise, non reconnu par les conventions comptables, qui ne doit pas être négligé. En effet, elle est source de performance opérationnelle et économique en interne. De plus, c’est seulement quand le niveau interne est suffisant qu’elle donnera également ses bénéfices à l’externe notamment au travers de projets en Open Innovation. Si les bénéfices de la confiance sont désormais évidents, les entreprises devront attendre à moyen ou long terme avant de pouvoir en récolter les fruits et voir leurs performances améliorées.

L’observatoire Ayming de la relation entre la Finance et l’Innovation se veut donc l’état des lieux des relations qui gouvernent les DAF et les DRD dans les entreprises mais également des pratiques susceptibles d’améliorer la performance. J’espère que vous aurez pris plaisir à lire ce document et qu’il aura suscité de nombreuses idées pour faire évoluer vos relations et améliorer la performance de vos entreprises.

 

Téléchargez l'Observatoire 2017 de la relation entre Finance et Innovation