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Finance & innovation performance

La confiance : le paramètre clé de la coopération ?

Le rôle de la confiance dans l’étude

Au niveau des portraits robots, le niveau de confiance est très élevé pour les binômes qui considèrent que la collaboration est efficace (92,6 % des répondants proposent une note ≥ 8 vs. 57,8 % pour une collaboration peu efficace). Il existe également une différence significative pour les entreprises en croissance (78 %) vs. les autres (61,2 %) par contre aucune différence significative de niveau de confiance n’existe entre les entreprises innovantes et celles qui ne le sont pas. Pour ces dernières, on notera quand même que la relation est significativement plus qualifiée de bonne dans les innovantes (72,8 %) par rapport aux peu innovantes (61,5 %) : cette bonne relation doit s’apparenter à de la confiance. La confiance a donc un impact sur la collaboration et sur la performance économique de l’entreprise. Par contre, elle n’influe pas sur la capacité d’innovation : la relation du binôme est meilleure dans les sociétés innovantes.

Revue des bénéfices de la confiance dans les relations

Le sujet de la confiance monte en puissance dans la littérature en sciences humaines et sociales. Dans sa thèse de Doctorat, Chaker Boughanbouz propose un état des connaissances exhaustif sur la confiance dans différentes disciplines. Ainsi, cet auteur définit la confiance comme « l’attente qu’un partenaire ne s’engage pas dans un comportement d’opportunisme, même face à des opportunités et des incitations à l’opportunisme ».La confiance joue un rôle central entre et dans les organisations car un niveau élevé de confiance augmente la satisfaction des employés, elle améliore celle du client ainsi que la performance organisationnelle. Il a été démontré que la confiance favorise également davantage la performance de la haute technologie. Il est à noter aussi que l’institut Montaigne et le collectif Financi’elles ont publié en août 2014 « Et la confiance, Bordel ? » qui ambitionne de repenser le rapport au travail en redonnant sa place à la confiance pour garantir efficacité et compétitivité. Dans l’étude associée « Confiance & Croissance 2015 », 81 % des salariés interrogés font un lien direct entre confiance et levier de croissance.

Par ailleurs, la confiance est une condition essentielle au partage de connaissances. Elle affecte deux facteurs du partage que sont la vitesse et le coût : en effet, quand la confiance va diminuer, la vitesse déclinera aussi alors que le coût augmentera. En revanche, lorsque la confiance augmentera, la vitesse s’élèvera, les coûts se réduiront et les bénéfices d’une confiance élevée deviendront eux aussi tangibles, quantifiables et élevés. Transposés à notre binôme, ces résultats confirment l’intérêt d’une coopération.

En complément, Frédéric Bornarel précise que « la confiance est davantage adaptée à des situations d’incertitude ou les relations informelles assurent l’essentiel de la coordination des activités. Des situations où les relations d’interdépendances sont fortes, où le contrôle direct ou hiérarchique mais également le contrôle du comportement et des résultats sont difficiles à appliquer. Sous ces conditions, la confiance est un moyen de surmonter l’incertitude et de réduire la complexité du système d’interactions ». Ces différents éléments confirment que la confiance est nécessaire au binôme DAF/DRD afin de dépasser les limites lorsque le langage n’est pas commun en vue d’apprécier, tant justement qu’au plus vite, les enjeux financiers des projets de R&D. La confiance est même considérée comme un outil de gouvernance et c’est pourquoi nous en avons fait le thème principal du premier observatoire de la relation entre la Finance et l’Innovation.

 

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