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Finance & innovation performance

Ma start-up pilote sa R&D comme les autres entreprises !

La naissance d’une interrogation !

« Le contenu de cette tribune est rédigé suite à un étonnement à la lecture de l’étude sur la collaboration DAF/DRD dans les grandes entreprises réalisée par Ayming.

En fait la question que je me suis posée en tant que directeur d’une TPE est : « pourquoi ce document me donne l’impression que les grandes entreprises font de la R&D de la même manière que nous ? ». Cette question s’est imposée en voyant le graphique sur les objectifs prioritaires de la stratégie R&D. En effet, les deux catégories interrogées (DAF et DRD) mettent en avant le besoin client comme objectif prioritaire puis ensuite prennent comme indicateurs prioritaires le respect des délais et le suivi budgétaire. Au final, le risque technologique étant pour sa part très peu cité, même par les DRD.

Au démarrage : la priorité au court terme

J’ai donc eu l’impression d’être totalement dans le même type de réponse qu’aurait pu faire une entreprise comme Conidia, qui a décidé dès sa création d’investir ses fonds propres dans la R&D. Cette R&D étant financée par les bénéfices réalisés, il est aisé de comprendre qu’il est nécessaire d’avoir plutôt une R&D avec une vision court terme, qui doit essayer de coller aux besoins de ses clients, le ROI devant être le plus court possible. Par contre, après plusieurs années de travaux de cette manière, une constatation s’est imposée : il faut aussi travailler sur des projets à long terme avec une rupture technologique ou sur un sujet qui est justement aujourd’hui étranger ou au moins peu commun à nos clients. C’est donc une phase d’investissement pour notre structure qui démarre avec une vision plus ou moins claire du temps nécessaire à ce développement et surtout sur ce qui en débouchera. L’étonnement provient du fait que :

1. les grandes entreprises se trouvent pour moitié moyennement ou pas innovantes ;

2. la R&D semble rester cantonnée sur cette vision relativement court terme avec comme moteur des travaux de R&D : les besoins clients.

Il s’avère que ceux-ci sont au final souvent des adaptations de produits ou de services déjà existants. Nous pouvons donc nous interroger afin de savoir aujourd’hui qui, en France, fait véritablement de la R&D à long terme et si les grands groupes ne pourraient pas, en favorisant les collaborations avec les start-up, limiter les risques mais aussi s’inscrire sur cette vision long terme.

Chez Conidia, le DAF est un scientifique

Pour revenir à notre expérience personnelle, il faut préciser que Conidia est une structure qui a été créée par un docteur de l’Université Claude Bernard à Lyon, accompagné uniquement d’autres scientifiques. Lorsque nous avons décidé de mener des projets de R&D sur le plus long terme, une structuration du pôle R&D a été engagée. Jusqu’à cette structuration, le DAF et le DRD partageaient le même cerveau (il s’agissait de la même personne !) et la nomination d’un DRD nous a fait basculer dans cette dichotomie. Pourtant, cette transition se fait de manière assez naturelle peut être parce que le « DAF » a une formation scientifique poussée et qu’il n’est devenu « DAF » que sur le tard. En tous cas, il apparaît logique que ces deux catégories de dirigeants dans les grands groupes parlent des langages différents de par leurs formations et expériences. Au final, le document montre bien que la définition d’une stratégie de R&D va contribuer fortement à faire converger les points de vue et donc favoriser un rapprochement du financier et de la R&D ».

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