Operations performance

TCO : En route pour le coût complet !

Dans le contexte économique actuel, l’optimisation des coûts est en tête de liste des préoccupations des dirigeants d’entreprises. Pour les accompagner dans le maintien et le développement de leur activité, l’approche par le coût total d’usage offre la meilleure tenue de route. Démonstration par l’exemple avec la flotte auto d’entreprises. 

Du coût d’achat au coût de détention

Les techniques d’évaluation et d’optimisation des coûts ont considérablement évolué en 10 ans. La professionnalisation du métier d’acheteur, la création de Directions dédiées aux Opérations et Achats directs et indirects, leur rapprochement avec les équipes opérationnelles ont permis de mieux structurer et qualifier les dépenses. 

Ces dernières ont été étudiées selon 2 axes : la profondeur (les types de dépense : coût matériel, consommations, services associés…) et la largeur (le temps : administration et support, formation, maintenance…). C’est ce que l’on appelle le coût total de détention (TCO)1

Appliquée au budget de la flotte automobile d’une entreprise, cette évolution des pratiques a été déterminante. On est ainsi passé du seul coût d’équipement (achat / location) à la prise en compte de paramètres tels que l’entretien et la réparation l’assurance, le carburant, la fiscalité… En a découlé une forte prise de conscience de l’importance de ce budget qui, non maîtrisé, pouvait représenter un véritable gouffre.

Cette lecture analytique des dépenses a permis d’intégrer la notion de cycle de vie des produits et services et d’identifier des leviers d’économies : rationalisation du nombre de fournisseurs, négociation des prix d’achat ou de location.

Du coût de détention au coût de fonction

Les services Achats ont ensuite procédé à des regroupements de famille d’achats selon deux logiques : l’optimisation de l’organisation des équipes et la mise en place d’une analyse plus ouverte.

Partant du coût total de détention, la réflexion s’est concentrée sur le coût de fonction. L’objectif étant de mieux prendre en considération les dépenses indirectes. Par exemple, le coût d’un recrutement ne se limite pas au seul salaire chargé, il faut y ajouter les coûts de structure (immobilier, bureau, ordinateur…) pour obtenir un coût complet.

Dans le cas de la flotte automobile d’entreprise, la fonction est la mobilité d’un collaborateur. Le coût total de mobilité (TCM)2 prend en compte toutes les dépenses connexes : location longue et courte durée, voyages d’affaires, téléphonie, immobilier… Cette approche globale a permis aux entreprises de mieux appréhender l’ensemble des coûts liés à la mobilité d’une part et de générer d’importantes économies grâce à des leviers techniques d’autre part.

Du coût de fonction au coût d’usage

Une fois les coûts d’achat, de détention et de fonction maîtrisés dans le respect des cahiers des charges prescrits, les services Achats en quête de nouvelles pistes d’améliorations organisationnelle et financière s’intéressent désormais à l’usage.

En effet, bon nombre d’entreprises ont créé des services Achats ou Opérations et beaucoup travaillent sur leurs coûts à iso périmètre depuis des années. Mais peu ont réinterrogé leurs besoins ainsi que les offres alternatives proposées par le marché. Or ces dernières ont énormément évolué. Ici encore, l’exemple de la flotte auto est parlant. Développement de l’auto-partage, digitalisation des outils de suivi de parc, géolocalisation, location courte et moyenne durée… illustrent parfaitement les évolutions de l’offre et des usages.

Forte de ce constat, l’analyse de l’usage met en exergue la nécessité de partir d’une page blanche en redéfinissant le « pourquoi ? » avant d’aborder le « comment ? ». Une approche qui permet de cerner en profondeur les besoins opérationnels et, si nécessaire, de remettre en cause les fonctionnements en place. Le coût total d’usage (TCU)3 apporte ainsi une solution complète qui prend en compte l’ensemble des coûts externes (produits et services) et internes (gestion, impact métier ou opérationnel, chiffre d’affaires). Il permet également de mesurer précisément la rentabilité des achats ou des opérations qu’ils soient directs ou indirects.

Appliquée à la flotte automobile d’une entreprise, cette approche TCU offre des perspectives d’évolution beaucoup plus créatives : visioconférence à la place de location longue durée, crédit mobilité pour les trajets personnels, location courte durée pour les trajets professionnels…

Les applications de ce nouveau raisonnement sont infinies et concernent l’ensemble de la chaîne de valeur des opérations, des achats à la vente. Il permet de remettre en cause le modèle existant, par exemple le conditionnement d’un produit ou encore le contenu d’un service, et d’envisager de nouvelles opportunités commerciales tout en maîtrisant ses coûts. 

Une approche plus souple, qui s’adapte au marché autant qu’aux nouveaux usages et qui est capable d’évoluer ? Le TCU a de beaux jours devant lui !

1. TCO : Total Cost of Ownership

2. TCM : Total Cost of Mobility

3. TCU : Total Cost of Utilization

Matthieu Blaise est Manager chez Ayming, notamment en charge de l’équipe de consultants flotte automobile et télécoms. Il a commencé sa carrière comme acheteur chez Arval puis en tant que consultant chez Cap Gemini pour le compte du groupe PSA avant de rejoindre Ayming en 2009.