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Téléphonie d’entreprise : L’heure du RTC a sonné

 


Le Réseau Téléphonique Commuté, la téléphonie traditionnelle utilisée par 70% des entreprises françaises, est amené à disparaître à l’horizon 2021. Le compte à rebours ayant commencé, il n’y a pas de temps à perdre pour mettre en œuvre des solutions alternatives. Comment faire de cette évolution technologique une opportunité pour votre entreprise ?

RTC : chronique d’une mort annoncée

En février 2016, l’ARCEP1 annonce avoir « engagé des travaux multilatéraux dans la perspective de l'arrêt du Réseau Téléphonique Commuté (RTC) ». Dans la foulée, Orange, l’opérateur historique, confirme l’obsolescence des équipements du réseau et le désengagement progressif des équipementiers vis-à-vis de cette technologie. La fin de la téléphonie analogique et des accès numériques (RNIS2) est actée. À l’avenir, téléphones mais aussi fax, flux particuliers type monétique, télé-relèves, alarmes, standards à accès RNIS et tous terminaux reliés « aux prises en T » ne répondront plus.

Mais pour éviter le big bang que représenterait la cessation tous azimuts d’une technologie présente sur l’ensemble du territoire et utilisée par plus de 70% des entreprises, l’ARCEP a donné un préavis de cinq ans à Orange qui a depuis livré un calendrier précis des opérations. La cessation se fera par étapes. La fin de la commercialisation des lignes analogiques est programmée pour fin 2018. Celle des lignes RNIS pour fin 2019. Puis, on assistera à la mise hors service de l’ensemble des accès. Celle-ci se fera progressivement, par zone géographique, à partir de 2022.

Toute progressive qu’elle soit, cette migration va avoir un fort impact pour les entreprises, multi-sites en particulier. Aux gestionnaires télécoms de prendre le sujet à bras le corps pour pouvoir anticiper et trouver les meilleures solutions alternatives à mettre en place.

Infrastructures téléphoniques : tout mettre à plat pour rebondir

Afin de ne pas subir de plein fouet cette transformation technologique, il y a lieu de s’y prendre le plus en amont possible. Car le risque n’est pas à prendre à la légère. Se retrouver à gérer deux technologies totalement différentes impacterait à la hausse vos coûts de téléphonie fixe. Cette période de préavis pour le RTC est donc le moment idéal pour remettre à plat vos infrastructures téléphoniques.

En premier lieu, dressez l’inventaire précis des accès et des usages de l’ensemble de votre parc actuel. En effet, derrière chaque ligne analogique ou accès RNIS il y a un usage particulier. Cette vision des usages permettra, pour chaque accès, de trouver la meilleure solution IP3. De plus, du fait de l’historique du réseau numérique/analogique, il est fort probable que certains accès ne correspondent plus à aucun usage spécifique. Le cas échéant, une opération de nettoyage du parc s’impose. 

Une fois ce recensement des usages et des accès effectué, il est important de savoir quels sont les besoins spécifiques de votre entreprise. Dans les faits, il n’existe pas qu’une seule solution de téléphonie sur IP. Les opérateurs, mais également certains intégrateurs, proposent un panel de solutions variées. De la solution 100% managée dans le cloud du prestataire à une solution intégrée et gérée par l’entreprise, la technologie IP peut s’adapter très finement au besoin de l’entreprise.

Une fois la solution technique définie, au gestionnaire télécoms de travailler de concert avec la DSI afin d’anticiper les différents upgrades nécessaires pour faire transiter les flux voix sur le réseau de l’entreprise. Par exemple, pour les entreprises dont les sites distants sont connectés au réseau via un accès ADSL, il sera impératif de migrer vers une solution symétrique (SDSL) sans quoi le débit asymétrique ne permettra pas d’assurer la qualité nécessaire pour le transit de la voix.

Enfin, et ce avant la mise en place de cette nouvelle architecture, il est préférable d’anticiper également certains usages non présents dans l’entreprise. Un environnement IP peut faciliter la mobilité de l’employé via des outils collaboratifs. Par exemple, dans une société où le nombre de terminaux par collaborateur est de plus en plus important (téléphone fixe, téléphone mobile, ordinateur, tablette), un système de communications unifiées en facilitera la gestion. Ces plateformes qui unifient l’ensemble des communications comme la voix, la visioconférence et la messagerie instantanée permettent de collaborer plus efficacement via un indicateur de présence.

Des solutions multiples, innovantes et opérationnelles

La fin du RTC n’est donc pas une menace mais une réelle opportunité pour les entreprises, notamment les multi-sites. Accompagner le mouvement, dès maintenant, leur permettra d’assainir leur parc et de le redimensionner correctement par rapport aux besoins. Autre aspect positif, leur gestionnaire télécoms n’aura pas in fine à gérer plusieurs équipements mais une solution globale pour l’ensemble des sites. Cette mutation technologique aura également un impact sur les budgets télécoms. Car même si les investissements initiaux peuvent être conséquents, les entreprises pourront s’affranchir des coûts d’acquisition et de maintenance du parc des PABX4. Enfin, les systèmes de communication reposant sur une technologie IP permettent de rendre le travail quotidien plus efficace et opérationnel via des fonctionnalités au service du collaborateur. Ainsi, un collaborateur qui bénéficie de l’option click and call peut se mettre en relation téléphonique d’un simple clic sans avoir à composer le numéro. De même, la softphonie (utilisation d’un logiciel pour faire de la téléphonie par Internet via un ordinateur plutôt qu'un téléphone) permet au collaborateur d’avoir accès à sa boîte mail, ses applications métiers, mais également d’émettre et recevoir des appels depuis un seul terminal. Fini le temps où l’on devait emporter avec soi l’ensemble parfois volumineux des terminaux pour effectuer ses tâches quotidiennes !

Le développement de ce type de solutions informatiques fiables, sécurisées et communes à l’ensemble des salariés favorise la mobilité et la réactivité des entreprises. Un enjeu de taille dans notre monde en perpétuel mutation !

[1] Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes

[2] Réseau numérique à intégration de services

[3] Internet Protocol : téléphonie utilisant le protocole de télécommunications créé pour Internet

[4] Private Automatic Branch Exchange : autocommutateurs téléphoniques privés

 

François-Xavier Plantain, Senior Consultant spécialisé en télécoms chez Ayming, François-Xavier Plantain compte plus de 5 ans d’expérience dans le conseil. Il a mené de nombreux appels d’offres pour des entreprises qui souhaitaient faire évoluer leur téléphonie fixe.